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14e chronique : Le bilan de santé de notre couche d’ozone

Cet été, le soleil a décidé de pointer le bout de son nez, au grand plaisir des vacanciers. Aujourd’hui, bien conscient des risques associés aux rayons ultraviolets, ce dernier n’hésite plus à se badigeonner de crème solaire, évitant ainsi de vilains coups de soleil, un vieillissement prématuré de la peau ou quelques mélanomes indésirables. Nous avons été si bien informés par l’industrie pharmaceutique, des impacts sur la santé humaine de ces rayons, que nous en avons presque oublié la principale intéressée : la couche d’ozone. Complètement éclipsée sur la scène médiatique par le réchauffement climatique de la planète, pourrait-elle être en voie de rémission, sans que nous le sachions?

LA PETITE HISTOIRE  DU « TROU » DANS LA COUCHE D'OZONE

En 1985, un important amincissement de la couche d’ozone a été découvert au-dessus de l'Antarctique par le British Antarctic Survey (BAS), un groupe de recherche britannique. Les données recueillies étaient si anormales, qu’ils pensèrent d’abord à une erreur d’analyse. La suite prouva bien évidemment le contraire. Il fut rapidement convenu qu’un tel amincissement pouvait avoir un impact significatif sur la vie terrestre et que les chlorofluorocarbures (CFC) en étaient les principaux responsables. En fait, ces produits chimiques pulvérisent l’ozone, limitant ainsi le pouvoir d’absorption du rayonnement solaire ultraviolet de cette couche atmosphérique. Sans elle, la vie sur terre serait peu probable, ces rayons étant dangereux pour tous les organismes vivants.

L'EXEMPLE D'UNE RÉUSSITE : LE PROTOCOLE DE MONTRÉAL

Alarmée, la communauté internationale s’est rapidement penchée sur ce cas. Moins de 2 ans plus tard, le 12 septembre 1987, le Protocole de Montréal était signé par 196 pays. En ratifiant ce premier traité universel, les pays s’engageaient à diminuer puis proscrire la production et l’utilisation de CFC d’ici 2010. Et ils ont tenu parole. Même si les gaz émis ont une durée de vie de 50 à 100 ans, les émissions directes ont diminué de 98 % de 1987 à 2008, limitant ainsi définitivement la quantité de CFC circulant dans l’atmosphère. Il faudra donc, pour quelques années encore, appliquer généreusement de la crème solaire lors de nos sorties au soleil, particulièrement durant les 10 prochaines années, mais les scientifiques s’accordent pour dire que la couche d’ozone devrait être revenue au niveau de 1980 d’ici 2070. Il y a donc de l’espoir.

ET SI…?

Selon la NASA, un « trou » semblable aurait pu se former au-dessus de l’Arctique, si le Protocole de Montréal n’avait jamais été ratifié, maximisant ainsi le potentiel destructeur des rayons ultraviolets. L’Organisation météorologique mondiale a même avancé que cet engagement aurait permis de réduire l’émission de gaz à effet de serre (dont les CFC font partie) de 135 gigatonnes de Co2 de 1990 à 2010, soit 4 à 5 fois les réductions fixées par le Protocole de Kyoto ou l’équivalent de planter 950 milliards d’arbres. Ce rappel à l’ordre aurait finalement permis d’éviter le développement de 20 millions de cancers de la peau supplémentaires.

Bien entendu, ces résultats stupéfiants n’auraient pu être menés à terme sans l’appui des décideurs de ce monde. Ils se sont positionnés, ont fait confiance aux scientifiques et leur ont donné la crédibilité nécessaire pour faire avancer le dossier. Ils ont clairement fait la preuve qu’en s’alliant, les problèmes environnementaux planétaires pouvaient se régler. Pourrons-nous applaudir de cette façon les efforts pour combattre le réchauffement climatique dans quelques dizaines d’années?

Actuellement, les recherches portent à croire qu’il existe un lien, encore à définir, entre le rétablissement de la couche d’ozone et les changements climatiques. Sa régénération dépendrait donc à l’avenir de notre gestion des gaz à effet de serre. Mais ça, c’est une autre histoire…

 

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