Diversité biologique, espèces menacées, vulnérables, disparues, font partie, depuis bien des années de l’actualité médiatique environnementale québécoise et mondiale. Le déclin de la biodiversité est une problématique vécue à l’échelle planétaire et envers laquelle beaucoup de ressources sont mobilisées. Afin de conscientiser les populations aux enjeux et aux conséquences des pertes de biodiversité et de les mobiliser, l’Organisation des Nations unies (ONU) a proclamé l’année 2010 : Année internationale de la biodiversité. Quelles sont les causes de cette dégradation, quelles en sont les conséquences, comment pouvons-nous agir?
La biodiversité représente l’infinie variété d’espèces vivantes, connues ou non, habitant la Terre ainsi que les variétés génétiques multiples retrouvées au sein même de ces espèces végétales et animales. À un troisième niveau, toutes les relations que les individus de chaque espèce entretiennent entre elles et avec leur milieu enrichissent la diversité biologique à un point très difficilement imaginable. À ce jour, environ 1,75 million d’espèces ont été identifiées mondialement. Or, le nombre total d’espèces habitant la planète est estimée entre 3 et 100 millions. Sur cette part, nous en découvrons quelques milliers chaque année. Au Canada, le nombre d’espèces identifiées est de 70 000.
DES SERVICES ESSENTIELSToutes ces espèces jouent un rôle important pour le maintien de la vie sur Terre et certaines sont même essentielles à l’homme. Par exemple, les insectes pollinisateurs sont essentiels à l’agriculture; les végétaux à l’oxygénation de l’air que nous respirons par le processus de photosynthèse. Les services rendus à l’humanité par les végétaux, animaux et microorganismes sont inestimables (filtration de l’eau, purification de l’air, production de médicaments, alimentation, pollinisation, énergie, etc.) et la biodiversité est essentielle à la survie de l’humanité. Toutefois, la valeur qu’on lui accorde est loin d’égaler sa vraie valeur sociale, économique et environnementale. Pourtant, que ferait le marchand de meubles sans la forêt? Et l’industrie pharmaceutique sans toutes les espèces utilisées dans les médicaments, tels les Penicilliums, champignons essentiels à la production de la pénicilline? De plus en plus d’économistes travaillent à chiffrer la valeur des écosystèmes planétaires, chose extrêmement complexe.
LA PROBLÉMATIQUEOr, on estime actuellement que de 50 à 100 espèces s’éteignent quotidiennement sur la planète, ce qui correspondrait à près de 1 000 fois le taux naturel d’extinction. Pourquoi? À cause de la destruction incessante de milieux naturels, de l’introduction d’espèces exotiques qui compétitionnent avec les espèces indigènes, de la fragmentation des habitats, des changements climatiques, etc. Notre mode de vie nous poussant à modifier les habitats qui nous entourent en fonction de nos besoins, essentiels ou non (agriculture, villes, habitations, routes, centres commerciaux, industries, etc.), est la principale cause de la dégradation des habitats, indispensables au maintien de la diversité biologique.
COMMENT AGIR?Le message ne se veut pas défaitiste, puisqu’il est encore temps et possible d’agir. À l’échelle politique, la convention sur la diversité biologique qui est entrée en vigueur le 29 décembre 1993 est aujourd’hui encore d’actualité. Cette dernière est à ce jour ratifiée par 168 pays, qui s’étaient donné en 2002, des objectifs à atteindre pour 2010, concordant ainsi avec l’année thématique. Des rencontres de mise au point devront se faire, puisqu’il semble que les résultats ne sont pas ceux escomptés. C’est aussi pour nous permettre de réfléchir à la beauté, à la valeur de la biodiversité, ainsi qu’aux pratiques et aux comportements à adopter face à la problématique de sa dégradation que l’ONU a déclaré l’année 2010 en ce sens. À cet effet, de multiples activités thématiques ont lieu partout sur la planète et chacun peut aussi faire sa part dans ses choix quotidiens.
Si vous souhaitez agir pour la conservation de la biodiversité de votre milieu, voici quelques pistes d’action :- Renseignez-vous sur les espèces de votre entourage et faites des randonnées exploratoires
5 Juin : Journée annuelle d’AGIR pour la Diable : Parlons biEAUdiversité!
Informations : info@agirpourladiable.org ou 819.681.3373, poste 1404
12 juin : Journée portes ouvertes au Parc national du Mont-Tremblant
Informations : Parc national du Mont Tremblant - Demeurez sur les sentiers balisés afin d’éviter de piétiner des espèces à statut précaire.
- Créez des zones naturalisées dans votre jardin et plantez-y des espèces indigènes au Québec.
- Évitez l’utilisation de produits chimiques (insecticides, herbicides, engrais chimiques) qui tuent certaines espèces ou qui peuvent contaminer les milieux.
- Réalisez votre propre compost et utilisez-le comme fertilisant dans vos plates-bandes.
- Tentez de réduire vos consommations superflues (papier, énergie, combustibles fossiles, biens divers, etc.).
- Évitez de consommer des poissons ou des fruits de mer en péril.
- Participez à des activités de recensement d’espèces sauvages dans votre région.
- Participez à un projet de rétablissement d’une espèce à statut précaire ou faites un don en argent pour la réalisation de tels projets.
- Revégétalisez vos terrains et vos bandes riveraines.
RÉFÉRENCES :
9e : Échec de Copenhague, l'avenir n'est pas morose pour autant! 8e : Un automne chaud dans le dossier des changements climatiques
7e : La déroute de l’industrie automobile américaine! 6e : La fin des sacs de plastique!
5e : La sixième extinction 4e : Vous dites « démocratie participative »! 3e : À quand de vraies avancées en environnement au Canada? 2e : Une piètre gestion des matières résiduelles au Québec 1ère : L’environnement et la morosité économique vont-ils de pairs?