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11e chronique : Le « greenwashing » est à la mode, comment s’en sortir?
Qui ne s’est jamais arrêté devant un étalage de produits et tenté de choisir LE produit engendrant le moins d’impacts sur l’environnement? Défi de taille, me direz-vous. En effet, depuis quelques années l’offre de produits dits « verts » dans les magasins est devenue chose courante. Dorénavant, dans les étalages, les mentions référant aux caractéristiques écologiques nous sautent aux yeux et la confusion quant au choix des produits est grandissante. Ces affirmations sont-elles véridiques ou sont-elles le fruit d'une usurpation, afin d’attirer les yeux des consommateurs sensibles aux critères environnementaux?
Avec l’engouement des consommateurs pour des produits moins dommageables pour l’environnement est apparue une nouvelle pratique de communication, maintenant nommée écoblanchiment ou « greenwashing » par les dénonciateurs.
L’organisation TerraChoice a réalisé en 2008-2009 une étude sur 2 219 produits commercialisés en Amérique du Nord. Selon le rapport de l’étude (Les sept péchés de la mascarade écologique), 98 % de ces produits se sont avérés commettre au moins l’un des 7 péchés définis. Il ne s’agit pas ici de condamner l’achat de produits dits écologiques, puisque bon nombre de ces produits ont des caractéristiques correspondant réellement aux mentions présentes sur l’étiquette, mais bien d’apporter une nuance et un jugement sur ce que l’on peut y lire. Voici en quoi consistent quelques-uns de ces péchés.
Un premier exemple d’écoblanchiment, le compromis caché. En général, les compagnies commettant ce péché mettent l’accent sur une ou plusieurs caractéristiques du produit (par exemple, un ordinateur accrédité ENERGY STAR®) pour affirmer que le produit est « vert », sans mentionner les nombreux autres impacts environnementaux reliés (ce même ordinateur contient des matières dangereuses pour l’environnement et la santé). Un autre péché peut être repéré en se penchant sur certaines étiquettes et en faisant quelques recherches. Certaines arborent des déclarations à caractère environnementales pour lesquelles aucune preuve ne peut être obtenue (organisme de référence, site Internet, etc.). Il s’agit du péché de l’absence de preuve. Dans ce cas, il se pourrait que l’entreprise dise vrai, mais y a-t-il une façon de s’assurer que l’affirmation n’est pas inventée de toutes pièces? Certains autres produits vont, quant à eux, porter des mentions du type « entièrement naturel » pour montrer qu’ils respectent l’environnement. Sachant que le mercure, l’arsenic ou le pétrole sont naturels, cette mention n’indique rien de certain sur le caractère environnemental du produit. Ce péché est celui d’imprécision.
Une autre tendance de plus en plus remarquée est l’autocertification. Certaines entreprises inventent des logos pour attirer l’attention du consommateur sur leur produit. Ces derniers s’ajoutent à la gamme de logos reconnus et ne font que confondre encore plus le consommateur. Cette pratique ne signifie pas que le produit est mauvais en soi, mais cela implique qu’aucune vérification externe n’a été réalisée sur la véracité de l’affirmation. La valeur du logo est ainsi discutable.
Enfin, il ne faut surtout pas sauter aux conclusions trop rapidement lorsque l’on dénote qu’un produit commet un de ces péchés. Un esprit critique mêlé à une bonne dose d’observation et de prudence permettra à tout consommateur de s’en sortir. Voici donc quelques trucs :
1. Fiez-vous aux logos que vous savez fiables : ÉcoLogo, Équitable, ENERGY STAR®, FSC, etc.
2. Faites des recherches sur les logos que vous ne connaissez pas.
3. Ne vous laissez pas impressionner par des propos tels que : « bénéfique pour l’environnement », « vert », « sans danger pour la planète », etc. Allez voir plus loin.
4. Choisissez le produit avec l’étiquette la plus informative et transparente sur ses composantes (liste d’ingrédients, sources d’informations supplémentaires, etc.).
Les péchés exposés dans cette chronique ne sont que des exemples, pour la liste complète et pour une description plus détaillée de chacun de ceux qui ont été présentés, je vous invite à consulter le rapport de TerraChoice : Les sept péchés de la mascarade écologique.
Sources :
TerraChoice. 2009. Les sept péchés de la Mascarade écologique,