La plupart d’entre nous désirent en savoir plus sur les impacts environnementaux des nouveaux projets. Toutefois, les façons de se faire entendre afin de faire valoir son opinion sont limitées. Comment pouvons-nous le faire?
La première façon pour les gens de participer se fait par le biais de la représentation; nous élisons quelqu’un qui sera en mesure de représenter adéquatement nos idées, valeurs, etc. Historiquement, cette façon de faire primait en raison de la limitation des moyens de communication et l’existence des grandes familles et du grand nombre d’heures qui étaient consacrées au travail. Évidemment, cette façon de faire existe toujours. Ainsi, quand un citoyen n’est pas satisfait, il peut voter pour un autre candidat à l’élection suivante.
Aujourd’hui, avec les moyens de communication que l’on a, il est plus facile d’organiser des mouvements de contestation, de créer des organismes ou des regroupements qui se battront pour des causes. Ainsi, le principe de démocratie participative est de plus en plus présent. Il est d’ailleurs au cœur du succès des projets touchant la protection de l’environnement.
Au Québec, un organisme prône la participation des citoyens dans le développement des projets environnementaux : c’est le Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE). Le BAPE tient des audiences publiques lorsqu’un projet ayant des impacts sur l’environnement est mis sur pied. Toutefois, ces audiences ne sont automatiques, car un citoyen doit en faire la demande pour qu’elles aient lieu.
Malheureusement, cet organisme est critiqué, car certaines failles subsistent afin qu’il soit un modèle de démocratie participative. D’une part, le processus arrive trop tard quand les projets sont déjà couchés sur papier par les promoteurs. Les gens commentent donc un projet qui est presque entamé. La population ne participe donc pas à la conception du projet.
Ensuite, la nomination du président de cette commission et les règles de fonctionnement du processus sont décidés par le gouvernement et non pas par la population, ce qui renvoie davantage à la démocratie représentative. Pourtant, cette nomination partisane peut influencer grandement le résultat des analyses. Aussi, le processus n’est pas très flexible, car il doit respecter le cadre formel imposé par règlement par les instances gouvernementales en place. Enfin, les recommandations du rapport ne font pas force d’obligation, car les élus peuvent faire fi des recommandations du BAPE. Cela s’est souvent produit dans le passé.
Est-ce qu’il serait temps de réformer le processus de participation publique lié à l’environnement? Pour ma part, je dis que oui et qu’il est primordial de le faire pour garder le lien de confiance entre la population et les élus et assurer une plus grande acceptation des projets. Chacun des acteurs concernés par un projet doit pouvoir transmettre ses idées et inquiétudes et participer à sa conception.
3e : À quand de vraies avancées en environnement au Canada? 2e : Une piètre gestion des matières résiduelles au Québec 1ère : L’environnement et la morosité économique vont-ils de pairs?