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2e chronique verte : Une piètre gestion des matières résiduelles au Québec

La politique québécoise de gestion des matières résiduelles 1998-2008 du gouvernement du Québec est venue à échéance à la fin de 2008. Où en sommes-nous par rapport aux cibles à atteindre qui avaient été fixés il y a plus de 10 ans?

Si nous regardons du côté municipal, l’objectif était de récupérer ou valoriser 60 % de toutes les matières que nous pouvons mettre dans notre bac de récupération (papier, carton, métaux, verre, plastique), en plus des matières putrescibles (résidus verts et alimentaires). Le défi était grand puisqu’en 2002, le taux de récupération pour ce secteur n’était que de 20 %. En 2006, ce taux était à 48 %.

Aujourd’hui, peu de municipalités ont atteint cet objectif. Les seules ayant réussi à le faire sont celles qui ont fait l’adoption des bacs roulants de 360 litres pour les matières récupérables et qui font la récupération des matières putrescibles avec l’introduction d’un troisième bac. Cela n’est pas surprenant puisque 40 % des déchets que nous produisons seraient des matières putrescibles. Dans les MRC situées au nord de Saint-Jérôme, peu semblait disposer d’un troisième bac.

Pour le milieu des industries et des commerces, l’objectif de récupération était de 80 %. En 2006, ce taux atteignait seulement 49 %. D’ailleurs, il reste beaucoup de chemin à faire dans la région car beaucoup de gros commerces et institutions qui ne peuvent profiter de la collecte municipale n’ont simplement pas les infrastructures pour faire de la récupération. C’est notamment le cas des gros hôtels. La raison est simple : ce sont souvent les commerces et  les industries qui doivent prendre en charge eux-mêmes la récupération de leur matière et il n’y a pas suffisamment d’incitatifs à cet effet.

Le bilan est encore moins reluisant au sujet des matières putrescibles. Il est à douter que les restaurants et les épiceries de la région soient dotés d’infrastructures pour récupérer ces matières bien que ce sont celles qu’elles produisent le plus. Gageons que le taux de récupération de ces commerces reste bien en deçà des 49 %. S’il y avait une priorisation d’actions à faire pour le futur dans ce domaine, ce serait certainement d’agir rapidement sur ce front. D’autant plus que les matières putrescibles sont les résidus les plus néfastes pour l’environnement après les résidus domestiques dangereux lorsqu’ils se retrouvent dans un lieu d’enfouissement. Ceci, en raison de leur propension à produire du méthane, l’un des principaux gaz à effets de serre causant le réchauffement climatique et par sa production de lixiviat, un liquide causant la contamination de la nappe phréatique en s’infiltrant dans le sol.

Bien sûr, le retard accumulé dans les objectifs fixés sont en partie du à la lenteur d’action des MRC et des municipalités dans ce dossier. Toutefois, une grosse part du blâme revient au gouvernement québécois qui n’a pas su leur donner suffisamment de ressources pour le faire. Enfin, l’absence d’actions communes par l’ensemble des acteurs du milieu semble être un autre facteur non négligeable.  

Jean-Pierre Gouin , conseiller en développement durable




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